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La saponification

Définition

La saponification artisanale est une méthode ancestrale

qui consiste en une réaction chimique issue du mélange

entre un corps gras (ici huiles végétales) et un agent alcalin

(soude caustique pour savon solide, potasse pour savon liquide).

L'agent alcalin permet la saponification des huiles.

Grâce à lui, les huiles et beurres végétaux vont se transformer en savon. Nous déterminons sa proportion afin de laisser une part de surgras  dans le savon (huiles et beurres qui n’ont pas été saponifiés). 

Une fois le produit fini, l’hydroxyde de sodium a été consommé par les huiles et a disparu du savon de plus la réaction a permis la formation naturelle de glycérine, une molécule particulièrement bénéfique pour la peau..

Huile + Soude =  Savon + Glycérine naturelle.

La glycérine naturellement produite est hydratante et émolliente, elle restaure le film lipidique de la peau.

C’est une méthode  qui met à l’honneur le travail à la main, le respect de la nature et la créativité du savonnier pour le plus grand plaisir de vos sens !

Mais pour nous, la saponification est avant tout un moment magique!

 

Nous utilisons 2 méthodes de saponification:

- La saponification à froid 

- La saponification à chaud, dite au chaudron.

Les deux méthodes donnent des résultats différents mais sont aussi bénéfiques l'une que l'autre avec chacune leurs avantages.

La saponification à froid :

 

Elle ne nécessite que peu de chauffe des  ingrédients au préalable,

(donc de faibles dépenses d'énergie).

Une fois les ingrédients mélangés, elle dégage une importante quantité

de chaleur et la saponification se poursuit doucement jusqu'à 48 heures après le coulage de la pâte.

Certains ajouts fragiles n'en sortent

pas indemnes et perdent alors un peu de leurs qualités.

Comme la saponification a lieu après le mélange, on ne peut donc pas choisir exactement l'huile de surgraissage, c'est la soude qui choisira quelle huile sera saponifiée ou non.

La pâte étant très fluide, on peut réaliser de magnifiques marbrages! 

La saponification au chaudron :

 

Elle consiste à "forcer" la saponification par la chaleur.

Les huiles de base sont chauffées à environ 70°.

La saponification complète  s'effectuant en direct sous l'effet

de la chaleur, nous pouvons alors choisir l'huile de surgraissage

et intégrer les ajouts (huiles essentielles, Aloe-vera, lait de brebis).

Ils resteront intacts puisque non "grignotés" par la soude.

La pâte étant plus compacte, les marbrages sont moins évidents.

La phase de gel étant complète avec cette méthode, un savon d'une grande douceur est alors obtenu.

Nos savons, une fois coulés, sont démoulés 24 heures plus tard puis découpés en pains d'environ100 g et mis à sécher en salle de cure entre 6 et 8 semaines selon les recettes.

Le savon est sujet à dessiccation, il se dessèche. Par conséquent, à mesure qu'il sèche, il perd un peu de poids (jusqu'à 10 %).

Histoire

Les origines

du savon

Il y a 4500 ans, les Sumériens, un peuple de Mésopotamie,

le fabriquaient sous la forme d'une pâte savonneuse à base de graisses

et de carbonate de potassium, tout comme les Egyptiens y font allusion dans certains papyrus.

En revanche, il n'était pas utilisé pour la toilette quotidienne mais comme remède contre les maladies de peau, pour se blanchir les cheveux ou pour laver les laines et cotons.

En Europe, il semblerait que les Gaulois utilisaient des savons durs et mous fabriqués à partir de cendres, de suif, de saindoux de sanglier ou d’huiles non comestibles.

Ils s’en servaient également comme onguent ou teinture sur les cheveux.

Ce n'est qu'à partir du IIème siècle après J.C. que les Romains l'utiliseront pour se laver.

Ce sont les Arabes qui vont fortement les influencer.

En mélangeant des cendres de plantes maritimes contenant de la soude aux corps gras, ils obtiennent des savons plus durs et plus fermes qu’ils commercialisent sur les côtes méditerranéennes.

Ils diffusent alors largement le savon d’Alep et leurs techniques de fabrication.

Suite aux bouleversements des différentes guerres, l’Europe va se mettre à fabriquer ses propres savons, non plus à base de graisses animales mais d’huile d’olive.

Se développent alors le Savon de Castille (Espagne) réalisé à froid et le savon de Marseille conçu à chaud.

 En 1371, des documents attestent que les savonniers sont implantés un peu partout sur le territoire.

Le savon est un produit de luxe assez onéreux. Dans un premier temps, seuls les riches y ont accès. 

En 1430, s'ouvre la première grande fabrique de savons à Toulon.

Malheureusement à la fin du Moyen-Âge, des maladies comme la peste ou la lèpre font rage dans toute l’Europe et l’eau est considérée comme responsable.

Cette croyance n’est pas tout à fait fausse : les pollutions humaines, animales et chimiques y sont déversées..

Le savon va donc laisser sa place au parfum, qui protège soi-disant des maladies.

La saleté devient une protection naturelle face aux infections.

On ne prend alors qu’un bain une fois ou deux par an.

Le savon a continué son évolution discrètement.

Au XVème siècle, les savonneries marseillaises exportent leur production et perfectionnent leurs techniques.

À partir du XVIIème l’usage du savon se généralise pour laver le linge. Au XIXème siècle, le savon devient moins cher.
La guerre et les nombreuses pénuries qui l’accompagnent vont bloquer la production.

Les produits de synthèse font alors leur apparition pour combler ces pénuries. Moins chers, faciles à fabriquer et à assembler, ces produits rencontrent un grand succès et supplantent le savon dans les années 50. C’est le boom des « savons sans savon ».

Cependant on note un regain d’intérêt pour la bonne vieille savonnette depuis la fin du XXème siècle.

Aujourd’hui, force est de constater que beaucoup de personnes ont des soucis d'irritation ou d'eczéma avec des produits lavants industriels.

Le consommateur est également conscient

de la problématique pollution et souhaite revenir à des produits sans emballage, naturels et plus authentiques.

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